Mercredi 19 octobre 2011
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Cet avocat célèbre avait une si
grande personnalité qu'il devint gouverneur de la province de Milan. Il découvre alors Jésus-Christ. Il n'est encore que catéchumène lorsque, de passage dans sa ville, il est élu évêque
par acclamation du peuple. Il est alors immédiatement baptisé, ordonné prêtre, consacré évêque en peu de temps. Saint Ambroise est un véritable évêque, soucieux de la rectitude de la foi et de la
paix sociale. Ses relations avec les empereurs successifs (qui favorisent tantôt les catholiques, tantôt les hérétiques ariens) sont mouvementées. En 390, l'empereur Théodose fait massacrer toute
une partie de la population de Thessalonique pour arrêter des émeutes. Pour cette raison, saint Ambroise lui refusera l'accès de son église à Milan, exigeant qu'il se soumette d'abord à la
pénitence publique de l'Église. L'empereur, subjugué, obéit et, après des mois de pénitence, Théodose ne communie plus dans le sanctuaire avec les prêtres (selon le privilège impérial), mais au
milieu des laïcs.
Saint Augustin doit, en partie à saint Ambroise, sa conversion, car il épiait ses sermons en cachette, écoutait sa pensée,
admirait la parole de ce grand orateur. Saint Ambroise avait un grand souci de belles liturgies. Il introduisit dans l'Église latine l'usage grec de chanter des hymnes qui étaient à la fois des
prières, des actions de grâce et des résumés du dogme. Il en composa plusieurs que nous chantons encore aujourd'hui "Aeternae rerum conditor" - "Dieu créateur de toutes
choses".
Saint Ambroise tomba malade, un jour qu'il dictait à Paulin, son diacre, un commentaire sur le psaume LXIII ; un feu lui
couvrit la tête en forme de petit bouclier, et de là entra dans sa bouche comme dans sa propre demeure. Alors son visage devint blanc comme la neige et demeura quelque temps dans cette beauté. Il
ne put donc achever l'ouvrage qu'il dictait, et bientôt après il tomba malade. Le comte Stilicon qui était le plus puissant dans l'Empire, craignant que la mort d’Ambroise ne causât un notable
préjudice à tout l'Occident, lui envoya plusieurs personnes d'honneur pour le porter à demander à Dieu la prolongation de sa vie ; mais il leur dit « Je n'ai pas vécu de telle sorte
parmi vous, que j’aie honte de vivre davantage ; mais, d’ailleurs, je ne crains point de mourir, parce que nous avons affaire à un bon maître. » Quatre de ses diacres,
s'entretenant dans un coin de sa chambre, pour savoir qui l'on pourrait élire évêque en sa place, vinrent à nommer saint Simplicien. Ils étaient si loin et ils parlaient si bas, qu’il ne pouvait
pas les entendre ; cependant, Dieu lui révéla ce qu’ils disaient, et il s'écria : « Il est vieux, mais il est bon. » Simplicien était cet excellent prêtre qui avait
été son conseil d
urant tout le temps de son épiscopat, et il fut effectivement mis en sa place après son décès. Saint Bastien, évêque de Todi, le visitait quelquefois dans sa maladie, et un jour qu'il priait auprès de lui, il vit Notre-Seigneur descendre du ciel,
s'approcher de son lit et lui faire beaucoup de caresses. Ensuite, la nuit du samedi saint, comme il priait secrètement, les bras étendus en forme de croix, saint Honorat, évêque de Verceil, qui
logeait dans une chambre au-dessus de la sienne, entendit par trois fois une voix qui lui disait : « Lève-toi en diligence, il passera bientôt. » Honorat se leva et lui
apporta 1e corps adorable de Jésus-Christ, qu'il reçut avec une profonde révérence, et incontinent après, son âme, munie d'un si excellent viatique, se détacha de la prison de son corps pour aller jouir de
l'éternité bienheureuse (4 avril 397).
Son corps fut inhumé dans sa cathédrale avec l'honneur dû à la grandeur de ses mérites. Plusieurs eurent des visions qui
marquaient la gloire qu'il possédait déjà dans le ciel. Surtout il y en eut qui virent une étoile rayonnante élevée au-dessus de son cercueil. Les démons n’en osaient approcher mais les possédés
que l’on y traînait par force, étaient aussitôt délivrés.