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   Vous valez ce que vaut votre cœur.
Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire du besoin d'aimer et d'être aimé    

St Jean-Paul II

 

 

Que Cherches-Tu ???

2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 00:00

A l'occasion de la fête de la Visitation, que nous fêtions mardi dernier, voici le message du saint Père !

 

Chers frères et sœurs,

Je suis heureux de m’unir à vous en prière, aux pieds de la Sainte Vierge, que nous contemplons aujourd’hui en la fête de la Visitation. Je salue et je remercie Monsieur le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, les cardinaux et les évêques présents, et vous tous qui vous êtes rassemblés ici ce soir. En conclusion du mois de mai, nous voulons unir notre voix à celle de Marie, dans son même cantique de louange; avec Elle, nous voulons magnifier le Seigneur pour les merveilles qu’il continue d’accomplir dans la vie de l’Eglise et de chacun de nous. En particulier, cela a été et demeure pour nous un motif de joie et de gratitude profondes d’avoir commencé ce mois marial par la béatification mémorable de Jean-Paul II. Quel grand don de grâce a été, pour l’Eglise tout entière, la vie de ce grand Pape! Son témoignage continue d’illuminer nos existences et nous encourage à être de véritables disciples du Seigneur, à Le suivre avec le courage de la foi, à L’aimer avec le même enthousiasme avec lequel il Lui a donné sa vie.

 

Mary_Head.jpgEn méditant aujourd’hui sur la Visitation de Marie, nous sommes amenés à réfléchir précisément sur ce courage de la foi. Celle qu’Elisabeth accueille chez elle est la Vierge qui «a cru» à l’annonce de l’Ange et a répondu avec foi, en acceptant avec courage le projet de Dieu pour sa vie et en accueillant ainsi en elle la Parole éternelle du Très-Haut. Comme le soulignait mon bienheureux prédécesseur dans l’encyclique Redemptoris Mater, c’est à travers la foi que Marie a prononcé son fiat, qu’elle «s'est remise à Dieu sans réserve et “elle se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l'œuvre de son Fils”»; (cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 56). C'est pourquoi Elisabeth, en la saluant, s’exclame: «Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!» (Lc 1, 45). Marie a vraiment cru que «rien n'est impossible à Dieu» (v. 37) et, forte de cette confiance, elle se laisse guider par l’Esprit Saint dans l’obéissance quotidienne à ses desseins. Comment ne pas désirer, pour notre vie, le même abandon confiant? Comment pourrions-nous nous priver de cette béatitude qui naît d’une si intime et profonde familiarité avec Jésus? C’est pourquoi, en nous adressant aujourd’hui à la «pleine de grâce», nous lui demandons d’obtenir également pour nous, par la Providence divine, de pouvoir prononcer chaque jour notre «oui» aux desseins de Dieu avec la même foi humble et sincère avec laquelle Elle a prononcé le sien. Elle qui, accueillant en elle la Parole de Dieu, s’est abandonnée à Lui sans réserve, nous guide vers une réponse toujours plus généreuse et inconditionnelle à ses projets, même lorsque pour eux, nous sommes appelés à embrasser la croix.

 

En ce temps de Pâques, tandis que nous invoquons du Ressuscité le don de son Esprit, nous confions à l’intercession maternelle de la Vierge, l’Eglise et le monde entier. Que la Très Sainte Vierge Marie, qui au cénacle, a invoqué avec les apôtres le Paraclet, obtienne pour chaque baptisé la grâce d’une vie illuminée par le mystère du Dieu crucifié et ressuscité, le don de savoir accueillir toujours plus dans son existence la seigneurie de Celui qui à travers sa résurrection, a vaincu la mort. Chers amis, à chacun de vous, à vos proches, et en particulier à ceux qui souffrent, je donne de tout cœur la Bénédiction apostolique.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 00:00

En ce mois de mai, mois de Marie, voici une jolie version chantée du Je vous salue Marie

 


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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 00:00

Dans son message pour Pâques, le saint Père témoigne de la joie du ressuscité, "annonce ancienne et toujours nouvelle : le Christ est ressuscité", Bonne Nouvelle sur laquelle "jusqu'à ce jour [...] la foi des chrétiens se base".

 

"La résurrection du Christ n’est pas le fruit d’une spéculation, d’une expérience mystique: elle est un évènement, qui dépasse certainement l’histoire, mais qui se produit à un moment précis de l’histoire et laisse en elle une empreinte indélébile. La lumière qui a ébloui les gardes postés pour surveiller le tombeau de Jésus a traversé le temps et l’espace. C’est une lumière différente, divine, qui a déchiré les ténèbres de la mort et qui a introduit dans le monde la splendeur de Dieu, la splendeur de la Vérité et du Bien." explique Benoît XVI, avant de faire une belle comparaison : "Comme les rayons du soleil, au printemps, font pousser et éclore les bourgeons sur les branches des arbres, de même, l’irradiation qui émane de la résurrection du Christ donne force et sens à toute espérance humaine, à toute attente, désir, projet. C’est pourquoi, le cosmos tout entier se réjouit aujourd’hui, participant au printemps de l’humanité, qui se fait l’interprète de l’hymne de louange muet de la création. L’alleluia pascal, qui résonne dans l’Eglise pérégrinante dans le monde, exprime l’allégresse silencieuse de l’univers, et surtout l’aspiration ardente de toute âme humaine sincèrement ouverte à Dieu, bien plus, reconnaissante pour sa bonté, sa beauté et sa vérité infinies."

 

Puis, le Pape rappelle que si cette joie du ciel n'est pas aussi présente sur terre, où " l’alleluia pascal contraste encore avec les gémissements et les cris qui proviennent de nombreuses situations douloureuses: misère, faim, maladies, guerres, violences", ajoutant aussitôt que "c’est précisément pour cela que le Christ est mort et ressuscité! Il est mort aussi à cause de nos péchés d’aujourd’hui, et il est ressuscité aussi pour la rédemption de notre histoire d’aujourd’hui"

 

Il explique alors qu'il veut que son message rejoigne tout le monde, "en particulier les peuples et les communautés qui souffrent un temps de passion, pour que le Christ ressuscité leur ouvre le chemin de la liberté, de la justice et de la paix."

 

Après des messages d'espérance adressés aux peuples du Moyen Orient, d'Afrique du Nord -et particulièrement aux Lybiens-, de la Côte d'Ivoire et du Japon, le Pape appelle à la joie et à la confiance : "Que se réjouissent le ciel et la terre pour le témoignage de tous ceux qui souffrent l’opposition, ou même la persécution pour leur foi dans le Seigneur Jésus. Que l’annonce de sa résurrection victorieuse leur donne courage et confiance." 

 

Son dernier paragraphe est un appel, dans "notre réalité terrestre" de joie, de douleur, de sourires et de larmes, à marcher à la suite du Christ "en chantant l'alleluia."

"le Christ est ressuscité, il est vivant et il marche avec nous. C’est pourquoi nous chantons et nous marchons, fidèles à notre engagement en ce monde, le regard tourné vers le ciel."

 

Heureuse fête de Pâques à chacun et chacune, dans la joie du ressuscité !!!

 

pour lire le message du Pape dans son intégralité, clique ici.

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:00

Nous avons déjà bien abordé ce sujet lorsque nous avons parlé de cette vocation universelle dans l'Eglise, puis lorsque nous avons traité de la sainteté vue par saint François de Sales...

L'audiance générale de mercredi dernier, 13 avril 2011 (audiance que vous pouvez lire en cliquant ici), nous montre combien ce sujet est encore d'actualité.

Dans cette audiance, le saint Père nous rappelle combien chacun est appelé à cette sainteté, il nous rappelle combien la charité est essentielle, combien l'amour est indispensable (en citant saint Augustin : "dilige et fac quod vis", "aime et fais ce que tu veux"), mais combien c'est par la grâce de Dieu, par l'action de l'Esprit Saint, que chacun(e) de nous peut (doit ?) devenir saint(e)...

 

voici les derniers mots de cette audiance, qui sont un appel plein d'une véritable espérance pour la sainteté... :

 

"Je voudrais inviter chacun à s’ouvrir à l’action de l’Esprit Saint, qui transforme notre vie, pour être nous aussi comme des pièces de la grande mosaïque de sainteté que Dieu crée dans l’histoire, afin que le visage du Christ resplendisse dans tout son éclat. N’ayons pas peur de tendre vers le haut, vers les sommets de Dieu; n’ayons pas peur que Dieu nous demande trop, mais laissons-nous guider dans chacune de nos actions quotidiennes par sa Parole, même si nous nous sentons pauvres, inadéquats, pêcheurs: c’est Lui qui nous transformera selon son amour."

 

en résumé (autant de cette audiance qu'en résumé des deux autres articles cités ci-dessus...), l'essentiel pour être saint, c'est de s'en remettre pleinement au Seigneur, c'est de se laisser faire... ainsi, comme saint Paul dans son épître aux Galates nous pourrons dire "je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi" !

 

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Published by nanou912 - dans Théologie
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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 12:00

Voici la suite tant attendue...

 

 

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 10:00

Cette fois ci, c'est avec saint Paul que tu es invité à préparer les JMJ... (D'ailleurs, cette année, le thème des JMJ c'est "Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la Foi"... cette phrase est tirée de... Col 2,7)

 

Enfin, c'est avec humour qu'une petite vidéo de la Frassateam te parle de saint Paul en vue des JMJ...

 

 

Si cela t'a plu, la suite paraitra dans quelques jours...
(en plus, le site de la Frassateam risque de te plaire aussi !!!)

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 10:00

Aujourd'hui, à 9 mois jour pour jour de Noël, nous fêtons le mystère de l'Annonciation...

 

Que dire sur ce si grand mystère... Dieu choisit de se faire homme, de se rabaisser au niveau de l'homme pour le sauver, le racheter de tous ses péchés... Au cœur du Carème, nous nous rappelons que Dieu s'est fait tout petit, dans le corps d'une Vierge appelée Marie.

 

Au cœur du Carême, où nous travaillons à la conversion de nos cœurs, nous rappelons que Marie a dit Oui... et pas n'importe quel Oui... elle a accepté de porter le Fils de Dieu.

Elle a accepté sans hésiter, sans récriminer...

Elle a accepté dans une confiance totale, confiance qu'elle gardera jusqu'à la mort de son Fils sur la Croix.

Elle a accepté dans une obéissance sans limite, obéissance qui se reflètera aussi tout au long de l'Evangile...

Elle a accepté dans une véritable sainteté. Elle a tout quitté, tout abandonné au travers de son Oui. Le Oui de Marie, dans lequel se retrouve tout le Salut du monde, est un Oui rempli d'espérance pour nous. Son Oui est un exemple pour chacun de nous...

 

N'ayez pas peur, à l'image de Marie, de répondre Oui à l'appel que Dieu vous lance.

N'ayez pas peur, à l'image de Marie, de répondre à l'amour immense de Dieu pour vous.

N'ayez pas peur, à l'image de Marie, d'abandonner toute votre personne entre les mains de Dieu.

 

C'est là que vous trouverez votre liberté toute entière.

 

Bonne fête de l'Annonciation !

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Published by nanou912 - dans Théologie
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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 00:00

Voici un texte de Pierre de Bérulle sur le mystère de l'Annonciation que nous fêterons vendredi...

 

"Cette solennité a en propre d'être un mystère de vie. Elle est vie et pour les anges et pour les hommes, et pour le ciel et pour la terre. Et elle est une solennité de vie, même pour Dieu qui, par ce mystère, possède une sorte de vie qu'Il n'avait pas auparavant : car Il y est vivant d'une vie divinement humaine et humainement divine, par l'union personnelle et ineffable des deux natures ensemble.

Or si Dieu, qui est vie et vie éternelle, qui est vie essentiellement, qui est toute vie éminemment et en qui tout est vie, qui n'est que vie et source de toute vie, prend lui même vie en ce mystère (tout ce mystère est mystère de vie), prenons nous aussi une sorte de vie en ce mystère, nous qui ne sommes que mort et misère pas le péché, et qui avons un si grnad besoin et indigence de vie. Que la fécondité de ce mystère, qui remplit toute vie et donne vie même à Dieu, ne soit pas stérile en nous ; que cette heureuse et miraculeuse fécondité nous donne vie en Celui qui est la vraie vie et qui s'appelle lui même la vie en Sa Sainte Parole (Jn 14,16). Vivez donc en Jésus, vivez en celle qui donne vie à Jésus, c'est-à-dire en Marie, qui étant Mère de Jésus par ce mystère, est aussi par ce mystère vie et mère de vie.

[...] La solennité de ce jour est une solennité universelle et même éternelle. Elle porte la base, le fondement et le sujet de toutes les actions et mystères de la vie voyagère du Fils de Dieu en la terre. Elle enclôt un état permanent à jamais, puisque tant que Dieu sera Dieu, il sera homme et qu'il y aura à jamais un homme Dieu. Si bien que ce mystère n'est pas seulement mystère de vie, mais de vie éternelle, c'est à dire d'une vie qui durera à jamais, puisque aant eu commencement en ce jour, elle n'aura jamais de fin, et ayant commencé en la terre, elle durera dans le ciel éternellement.

C'est la sublimité, la profondeur, la divinité de ce mystère. Nous ne pouvons assez le révérer, le contempler. Nous ne pouvons pas le pénétrer d'un seul coup. Il est bon d'y penser et d'en parler plus d'une fois."

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Published by nanou912 - dans Théologie
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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 12:00

Une belle chanson, inspirée d'une prière du saint curé d'Ars, à faire raisonner dans son coeur...

 

 


 

 

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Published by Theoictus - dans Musique
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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 09:35

Voici le message que le pape Benoit XVI nous envoie à l'occasion du Carême.

vous pouvez aussi lire le message sur le site du Vatican

 

«Ensevelis avec le Christ lors du Baptême,
vous en êtes aussi ressuscités avec lui»
(Cf. Col 2, 12)

Chers Frères et Sœurs,

Le Carême, qui nous conduit à la célébration de la Pâques très Sainte, constitue pour l’Eglise un temps liturgique vraiment précieux et important. Aussi est-ce avec plaisir que je vous adresse ce message, afin que ce Carême puisse être vécu avec toute l’ardeur nécessaire. Dans l’attente de la rencontre définitive avec son Epoux lors de la Pâque éternelle, la Communauté ecclésiale intensifie son chemin de purification dans l’esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans le Mystère de la Rédemption, la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur (cf. Préface I de Carême).

 

http://catholique-angers.cef.fr/site/im_user_wysiwyg/910/bapteme.gif1. Cette vie nous a déjà été transmise le jour de notre Baptême lorsque, «devenus participants de la mort et de la résurrection du Christ», nous avons commencé «l'aventure joyeuse et exaltante du disciple» (Homélie en la Fête du Baptême du Seigneur, 10 janvier 2010). Dans ses épîtres, Saint Paul insiste à plusieurs reprises sur la communion toute particulière avec le Fils de Dieu, qui se réalise au moment de l’immersion dans les eaux baptismales. Le fait que le Baptême soit reçu le plus souvent en bas-âge, nous indique clairement qu’il est un don de Dieu: Nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui efface le péché et nous donne de vivre notre existence avec «les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus» (Ph 2,5), est communiquée à l’homme gratuitement.

Dans sa lettre aux Philippiens, l’Apôtre des Gentils nous éclaire sur le sens de la transformation qui s’effectue par la participation à la mort et à la résurrection du Christ, en nous indiquant le but poursuivi: «le connaître lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts» (Ph 3, 10-11). Le Baptême n’est donc pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l’existence toute entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l’appelle à une conversion sincère, mue et soutenue par la Grâce, lui permettant ainsi de parvenir à la stature adulte du Christ.

Un lien spécifique unit le Baptême au Carême en tant que période favorable pour expérimenter la grâce qui sauve. Les Pères du Concile Vatican II ont lancé un appel à tous les Pasteurs de l’Eglise pour que soient «employés plus abondamment les éléments baptismaux de la liturgie quadragésimale» (Const. Sacrosanctum Concilium, 109). En effet, dès ses origines, l’Eglise a uni la Veillée Pascale et la célébration du Baptême: dans ce sacrement s’accomplit le grand Mystère où l’homme meurt au péché, devient participant de la vie nouvelle dans le Christ ressuscité, et reçoit ce même Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (cf. Rm 8,11). Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le Carême nous offre un parcours analogue à celui du catéchuménat qui, pour les chrétiens de l’Eglise primitive comme pour ceux d’aujourd’hui, est un lieu d’apprentissage indispensable de foi et de vie chrétienne: ils vivent vraiment leur Baptême comme un acte décisif pour toute leur existence.

2. Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur – qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l’année liturgique –, qu’est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n’est de nous laisser guider par la Parole de Dieu? C’est pourquoi l’Eglise, à travers les textes évangéliques proclamés lors des dimanches de Carême, nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur, nous faisant parcourir à nouveau les étapes de l’initiation chrétienne: pour les catéchumènes en vue de recevoir le sacrement de la nouvelle naissance; pour ceux qui sont déjà baptisés, en vue d’opérer de nouveaux pas décisifs à la suite du Christ, dans un don plus plénier.

Le premier dimanche de l’itinéraire quadragésimal éclaire notre condition terrestre. Le combat victorieux de Jésus sur les tentations qui inaugure le temps de sa mission, est un appel à prendre conscience de notre fragilité pour accueillir la Grâce qui nous libère du péché et nous fortifie d’une façon nouvelle dans le Christ, chemin, vérité et vie (cf. Ordo Initiationis Christianae Adultorum, n. 25). C’est une invitation pressante à nous rappeler, à l’exemple du Christ et en union avec lui, que la foi chrétienne implique une lutte contre les «Puissances de ce monde de ténèbres» (Ep 6,12) où le démon est à l’œuvre et ne cesse, même de nos jours, de tenter tout homme qui veut s’approcher du Seigneur: le Christ sort vainqueur de cette lutte, également pour ouvrir notre cœur à l’espérance et nous conduire à la victoire sur les séductions du mal.

L’évangile de la Transfiguration du Seigneur nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et http://www.partenia.org/images/200808/transfiguration_Jesus.jpgannonce la divinisation de l’homme. La communauté chrétienne découvre qu’à la suite des apôtres Pierre, Jacques et Jean, elle est conduite «dans un lieu à part, sur une haute montagne» (Mt 17,1) afin d’accueillir d’une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la Grâce de Dieu: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le» (v.5). Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu: Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal (cf. He 4,12) et affermit notre volonté de suivre le Seigneur.

«Donne-moi à boire» (Jn 4,7). Cette demande de Jésus à la Samaritaine, qui nous est rapportée dans la liturgie du troisième dimanche, exprime la passion de Dieu pour tout homme et veut susciter en notre cœur le désir du don de «l’eau jaillissant en vie éternelle» (v.14): C’est le don de l’Esprit Saint qui fait des chrétiens de «vrais adorateurs», capables de prier le Père «en esprit et en vérité» (v.23). Seule cette eau peut assouvir notre soif de bien, de vérité et de beauté! Seule cette eau, qui nous est donnée par le Fils, peut irriguer les déserts de l’âme inquiète et insatisfaite «tant qu’elle ne repose en Dieu», selon la célèbre expression de saint Augustin.

Le dimanche de l’aveugle-né nous présente le Christ comme la lumière du monde. L’Evangile interpelle chacun de nous: «Crois-tu au Fils de l’homme?» «Oui, je crois Seigneur!» (Jn 9, 35-38), répond joyeusement l’aveugle-né qui parle au nom de tout croyant. Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l’homme de vivre en «enfant de lumière».

Lorsque l’évangile du cinquième dimanche proclame la résurrection de Lazare, nous nous trouvons face au mystère ultime de notre existence: «Je suis la résurrection et la vie... le crois-tu? » (Jn 11, 25-26). A la suite de Marthe, le temps est venu pour la communauté chrétienne de placer, à nouveau et en conscience, toute son espérance en Jésus de Nazareth: «Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde» (v.27). La communion avec le Christ, en cette vie, nous prépare à franchir l’obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui. La foi en la résurrection des morts et l’espérance en la vie éternelle ouvrent notre intelligence au sens ultime de notre existence: Dieu a créé l’homme pour la résurrection et la vie; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l’histoire humaine, à l’existence personnelle, à la vie sociale, à la culture, à la politique, à l’économie. Privé de la lumière de la foi, l’univers entier périt, prisonnier d’un sépulcre sans avenir ni espérance.

08-jesus-marie-jean.jpgLe parcours du Carême trouve son achèvement dans le Triduum Pascal, plus particulièrement dans la Grande Vigile de la Nuit Sainte: en renouvelant les promesses du Baptême, nous proclamons à nouveau que le Christ est le Seigneur de notre vie, de cette vie que Dieu nous a donnée lorsque nous sommes renés «de l’eau et de l’Esprit Saint», et nous réaffirmons notre ferme propos de correspondre à l’action de la Grâce pour être ses disciples.

3. Notre immersion dans la mort et la résurrection du Christ, par le sacrement du Baptême, nous pousse chaque jour à libérer notre cœur du poids des choses matérielles, du lien égoïste avec la «terre», qui nous appauvrit et nous empêche d’être disponibles et accueillants à Dieu et au prochain. Dans le Christ, Dieu s’est révélé Amour (cf. 1 Jn 4,7-10). La Croix du Christ, le «langage de la Croix» manifeste la puissance salvifique de Dieu (cf. 1 Cor 1,18) qui se donne pour relever l’homme et le conduire au salut: il s’agit de la forme la plus radicale de l’amour (cf. Enc. Deus caritas est, 12). Par la pratique traditionnelle du jeûne, de l’aumône et de la prière, signes de notre volonté de conversion, le Carême nous apprend à vivre de façon toujours plus radicale l’amour du Christ. Le jeûne, qui peut avoir des motivations diverses, a pour le chrétien une signification profondément religieuse: en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour; en acceptant la privation de quelque chose – qui ne soit pas seulement du superflu –, nous apprenons à détourner notre regard de notre «moi» pour découvrir Quelqu’un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères. Pour le chrétien, la pratique du jeûne n’a rien d’intimiste, mais ouvre tellement à Dieu et à la détresse des hommes; elle fait en sorte que l’amour pour Dieu devienne aussi amour pour le prochain (cf. Mc 12,31).

Sur notre chemin, nous nous heurtons également à la tentation de la possession, de l’amour de l’argent, qui s’oppose à la primauté de Dieu dans notre vie. L’avidité de la possession engendre la violence, la prévarication et la mort; c’est pour cela que l’Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l’aumône, c’est à dire au partage. L’idolâtrie des biens, au contraire, non seulement nous sépare des autres mais vide la personne humaine en la laissant malheureuse, en lui mentant et en la trompant sans réaliser ce qu’elle lui promet, puisqu’elle substitue les biens matériels à Dieu, l’unique source de vie. Comment pourrions-nous donc comprendre la bonté paternelle de Dieu si notre cœur est plein de lui-même et de nos projets qui donnent l’illusion de pouvoir assurer notre avenir? La tentation consiste à penser comme le riche de la parabole: «Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années...». Nous savons ce que répond le Seigneur: «Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme...» (Lc 19,19-20). La pratique de l’aumône nous ramène à la primauté de Dieu et à l’attention envers l’autre, elle nous fait découvrir à nouveau la bonté du Père et recevoir sa miséricorde.

Pendant toute la période du Carême, l’Eglise nous offre avec grande abondance la Parole de Dieu. En la méditant et enhttp://www.ecolemondialedelabible.org/images/bible.jpg l’intériorisant pour l’incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l’écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre cœur, nourrit le chemin de foi que nous avons commencé le jour de notre Baptême. La prière nous permet également d’entrer dans une nouvelle perception du temps: Sans la perspective de l’éternité et de la transcendance, en effet, le temps n’est qu’une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses «paroles ne passeront pas» (Mc 13,31), pour entrer en cette communion intime avec Lui «que personne ne pourra nous enlever» (cf. Jn 16,22), qui nous ouvre à l’espérance qui ne déçoit pas, à la vie éternelle.

En résumé, le parcours du Carême, où nous sommes invités à contempler le mystère de la Croix, consiste à nous rendre «conformes au Christ dans sa mort» (Ph 3,10), pour opérer une profonde conversion de notre vie: nous laisser transformer par l’action de l’Esprit Saint, comme saint Paul sur le chemin de Damas; mener fermement notre existence selon la volonté de Dieu; nous libérer de notre égoïsme en dépassant l’instinct de domination des autres et en nous ouvrant à la charité du Christ. La période du Carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la Grâce rénovatrice du Sacrement de Pénitence et marcher résolument vers le Christ.

Chers Frères et Sœurs, par la rencontre personnelle avec notre Rédempteur et par la pratique du jeûne, de l’aumône et de la prière, le chemin de conversion vers Pâques nous conduit à découvrir d’une façon nouvelle notre Baptême. Accueillons à nouveau, en ce temps de Carême, la Grâce que Dieu nous a donnée au moment de notre Baptême, afin qu’elle illumine et guide toutes nos actions. Ce que ce Sacrement signifie et réalise, nous sommes appelés à le vivre jour après jour, en suivant le Christ avec toujours plus de générosité et d’authenticité. En ce cheminement, nous nous confions à la Vierge Marie qui a enfanté le Verbe de Dieu dans sa foi et dans sa chair, pour nous plonger comme Elle dans la mort et la résurrection de son Fils Jésus et avoir la vie éternelle.


BENEDICTUS PP. XVI

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