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   Vous valez ce que vaut votre cœur.
Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire du besoin d'aimer et d'être aimé    

St Jean-Paul II

 

 

Que Cherches-Tu ???

8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:00

 

 

La troisième saveur de la manne est celle du pain. Or le pain vient de la terre, cela est tout clair et manifeste ; car le blé que nous nommons froment croit de la terre, et c'est d'icelui que l'on fait le pain. Ce pain nous représente la troisième substance de Notre Seigneur, qui est une substance partiale laquelle sans doute est venue de la terre, puisque sa chair très sainte fut formée du sang de Notre Dame.

La manne avait donc trois gouts ; toutefois ce n'estoit qu'une seule manne. Ainsi, combien qu'en Notre Seigneur incarné il y ait trois substances, il n'y a cependant qu'une personne ; car la substance de l'âme et celle du corps ne font qu'une humanité, et cette nature humaine avec la divine ne font point deux personnes mais une seule qui est Dieu et homme. 0 admirable invention de la providence de Dieu ! Cette divine Majesté voyant que la Divinité n'estoit pas conneüe des hommes voulut s'incarner et joindre avec la nature humaine, à fin que sous ce manteau de l'humanité, la Divinité peut estre reconnue Je n'ignore pas que de tout temps l'on a sceu qu'il y avait une Divinité, tous les anciens philosophes l'ont confessé ; mais cette connaissance estoit si obscure qu'elle ne meritoit pas d'estre appelée de ce nom. De plus, s'ils ont connue Dieu ils ne l'ont pas reconnue (Ac 17,23 ; Rm 1,21 ; Ep 4,17), ce qui toutefois estoit le plus important. Si donques Notre Seigneur ne se fut incarné, il eut toujours demeuré caché dans le sein de son Père éternel et partant fut resté inconnue des hommes.

Certes, en cette Incarnation il a fait voir ce qui n'eut jamais peu entrer ni estre compris de l'esprit humain, c'est à dire que Dieu fut homme et que l'homme fut Dieu ; l'immortel mortel, l'impassible passible, sujet au chaud, au froid, à la faim, à la soif ; l'infini fini, l'éternel temporel; en somme, l'homme divinisé et Dieu humanisé, en sorte que Dieu sans laisser d'estre Dieu soit homme, et l'homme sans laisser d'estre homme soit Dieu ; tellement qu'on peut dire que les Mages qui baisèrent les pieds de ce petit Enfant nouveau né, baisèrent les pieds de Dieu. Mais comment de Dieu ? car Dieu entant que Dieu n'a point de corps ; et s'il n'a point de corps comme est-ce que les Mages lui ont baisé les pieds ? Néanmoins il en est ainsi à cause de cette union des deux natures qui ne font qu'une personne. Ces deux natures sont tellement unies par ensemble que l'on peut prononcer sans blasphémer : Ce sang est le sang de Dieu, le sang de l'Agneau mort (1 P 1,19 ; Ap 5,12) pour les péchés des hommes ; Dieu a esté flagellé, fouetté ; les mains de Dieu ont esté tendues et clouées à la croix. Or, ce n'est pas à dire que Dieu ait souffert tout cela, ni qu'il ait répandu du sang ou estendu ses bras en la croix ; car Dieu est impassible, il n'a point enduré ces choses entant que Dieu, d'autant qu'en la Passion la Divinité n'a point souffert, la Divinité n'a point estendu ses mains en la croix, elle n'a point répandu de sang, car en Dieu il n'y a ni sang, ni bras, ni mains ; mais on parle ainsi, et avec vérité, à cause de cette estroitte union de la nature humaine avec la divine.

L'homme est une créature raisonnable composée d'âme et de corps. Il est donques vrai que je suis une créature raisonnable, et si je le niais je mentirais Par le corps je suis un animal, mais ayant une âme toute spirituelle unie au corps, je suis un animal raisonnable Vous verrez une personne qui a mal à la jambe ; si vous regardez seulement l'âme de cette personne, vous direz promptement : Comme est-ce que cette créature qui est spirituelle peut dire qu'elle a mal à la jambe ? car l'âme n'a point de jambes, et c'est l'âme qui fait l'homme. Comment cet homme peut-il dire qu'il estend le bras ou qu'il a mal au bras, vue qu'il n'a ni bras ni jambes, l'âme estant une substance toute spirituelle ? Au contraire, si voyant l'homme qui parle et qui discourt, vous le regardez en tant que corporel et non spirituel, vous vous estonnerez, vue qu'il n'appartient qu'à une substance spirituelle de pouvoir discourir et comprendre. Or voyez-vous, si cet homme qui plaint le bras ou qui discourt n'estoit composé que de corps ou d'âme seulement, il ne discourrait pas ni ne plaindrait pas, mais à cause de cette estroitte union entre la nature du corps et celle de l'âme, lesquelles estans deux ne font toutefois qu'une personne, l'on dit avec vérité que cet homme, ou autrement cet animal raisonnable, a mal à la jambe, qu'il parle et discourt, meslant tellement ces deux natures qu'on parle des deux comme s'il n'y en avait qu'une. Ainsi, à cause de cette si estroitte union que la nature divine et la nature humaine ont ensemble, on vient à parler des deux comme s'il n'y en avait qu'une seule, disant : Pourquoi ne souffrirai-je telle chose puisque Dieu l'a soufferte ?

 

... La suite mercredi

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Published by nanou912 - dans Lecture...
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